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La Viticulture
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Les Martres-de-Veyre est un village vigneron, comme en atteste l'architecture des maisons du bourg. Vous trouverez ci-dessous l'histoire de la vigne ainsi que quelques informations sur le vin de qualité actuellement produit dans la région. Rappelons que le village de Corent faisait partie intégrante de la commune des Martres-de-Veyre jusqu'à la fin du 19è siècle (1875). |
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Les articles ci-dessous sont tous issus d'un reportage du journal d'annonces gratuit Info 63 sur le vignoble auvergnat. -
Vingt siècles de vigne |
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Vingt siècles de vigne
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Du haut de nos vignes au moins vingt siècles nous contemplent. On ne connaît pas avec précision les débuts du vignoble auvergnat, mais les Gaulois en consommaient déjà. Les Romains aussi. Est-ce grâce au vin tout proche de Chanturgue, dopant les forces des défenseurs de l'Oppidum des Côtes, que Vercingétorix mis en déroute les légions de César ? On ne sait. Le vignoble auvergnat est riche d'une longue histoire faite de sueur, de sang et ... de soif. Passée la guerre et ses horreurs, Romains et Gaulois s'adonnent à un lucratif commerce. On prête à Pline l'Ancien une mention d'un vin d'Auvergne "au goût de poix" et comparable aux vins de Bourgogne ! Au 3è siècle, le christianisme est reconnu religion officielle de l'empire romain. Le vin indispensable à la liturgie (avec le pain) va booster la consommation et donc la production. Les abbayes et autres monastères deviennent des centres éclairés de production... Malgré les invasions barbares, le vignoble, en France et en Auvergne, connaît donc une première expansion grâce à la foi. Aux alentours de l'an 1000, il semble que l'Auvergne est compté plus de 10 000 hectares contre 1 200 hectares actuellement dans le Puy-de-Dôme... pour la plupart propriété des gens d'église et des châtelains. Dès le 14è siècle, le vin assoit la prospérité du village de Romagnat. A cette époque apparaissent aussi les noms de Boudes, Chanturgue, Châteaugay, Corent et Madargue, les 5 crus actuels des Côtes d'Auvergne. Le rois Louis XIV, monté sur le trône en 1643, apprécie le vin auvergnat, à l'instar de Charles VII et d'Henri IV avant lui. On se demande à quoi pouvait ressembler ce vin venu du fin fond d royaume, avec les moyens de transport de l'époque : à dos de cheval ou de mulet, ou sur les sapinières de l'Allier... Mais il plait. C'est la prospérité ... suivie bientôt de nouveau impôts ! Au 18è siècle, le rendement moyen tourne autour de 20 hectolitres à l'hectare. Il est aujourd'hui limité à 60 hectolitres par hectare. Le record est détenu au 19è siècle, avec l'arrivée d'un cépage autrichien, le limberger, qui permet des rendements de l'ordre de 200 hectolitres à l'hectare ! De nouveaux métiers apparaissent, les courtiers, tandis que des agriculteurs, voituriers occasionnels l'hiver, exercent cette activité à plein temps et deviennent même négociants. En 1788, le vignoble auvergnat atteint une superficie considérable : 22 000 hectares ... A cette époque, ouvrent les premiers cabarets, dont le nombre atteint à la fin de ce siècle plus de 1 600 établissements dans le département. Bien sûr, on y consomme du vin et jusqu'à plus soif. Les autorités s'émeuvent des désordres occasionnés par les pochards ... Le 19è siècle voit l'apogée de la navigation sur l'Allier. Des dizaines de milliers de litres de vin quittent ainsi l'Auvergne en tonneaux pour les troquets parisiens, avec des fortunes diverses. L'allier est - on le sait - une rivière difficile, s'ajoutes les aléas du mauvais temps, les fraudes et des détournements ... En 1855, le chemin de fer révolutionne le transport des marchandises, comme celui des personnes. Le vin parvient dans de meilleures conditions à la capitale. Cependant, ce siècle voit également des émeutes de la vigne à Clermont-Ferrand. L'octroi, supprimé en 1831, est rétabli l'année suivante car les vins et spiritueux "inondent" la ville. A Aubière, Beaumont et Romagnat, des magasins sont pillés et des registres brûlés. Dix ans plus tard, les faits sont plus graves : les vignerons refusent cette fois le recensement administratif des vins dans les caves. La foule gonfle à Clermont-Ferrand provenant des communes productrices. Place d'Espagne, place de la Poterne, on érige des barricades. La rue des Chaussetiers est pillée. Les militaires refluent et certains, paniqués, tirent sur les émeutiers. Le lendemain, les vignerons reviennent à Clermont-Ferrand. Le bureau de l'octroi est détruit à Jaude ainsi que la maison du maire Conchon. Notons au passage qu'à la suite de cette destruction, la rue Blatin sera percée. Au bilan de ces deux journées insurrectionnelles, on déplore 27 morts ! La répression est sévère, notamment à l'encontre de la commune d'Aubière, d'où proviennent nombre d'émeutiers. Pourtant le 19è siècle est l'âge d'or du vignoble auvergnat : 34 000 hectares en 1850, 45 000 en 1892 ! 1,6 millions d'hectolitres sortent des chais du Puy-de-Dôme en 1865, année record. En fin de siècle, pas moins de 200 000 personnes vivent directement et indirectement de la vigne. C'est dans ce contexte que survient l'anéantissement dû au phylloxéra. En 1861, on aperçoit la première tache sombre, annonciatrice de la ruine à venir dans une vigne à Mezel, dont le propriétaire a planté des ceps américains. Nous sommes en 1861 et cela n'inquiète alors personne ... Dans le midi, le phylloxéra en 1864. Moins de 10 ans plus tard, les productions sont condamnées dans leur quasi-totalité. Une situation qui, au passage, arrange bien les affaires des auvergnats. La demande est si forte que l'on plante même en plaine et sur les bords de l'Allier. Mais en 1895, à Mezel, l'administration fait arracher 17 hectares tandis que de nouvelles taches apparaissent : à Corent, Cournon, Aubière, Blanzat et même à Châteaugay. Curieusement, les gens pensaient être à l'abri sur les hauteurs ... La pourriture gagne inexorablement de nouvelles parcelles. Jour après jour, on publie la liste de nouvelles communes contaminées, de nouveaux terrains condamnés. Chacun y va de sa solution, on pulvérise à tout va, et n'importe quoi. Les uns essaient la graine de moutarde, d'autres le goudron, d'autres encore une poignée de plâtre au pied de chaque cep ... En 1899, le vignoble auvergnat touche le fond. Partout on arrache et on brûle. Les vignerons sont ruinés. Nombreux partent à Paris, une immigration intérieur qui va contribuer à édifier la puissante communauté des Auvergnats de Paris ... En 1907 un hectolitre ne vaut plus que 5 francs, contre 40 avant la crise. La production, auparavant forcenée, avec plus d'un million d'hectolitre, est divisée de moitié. On replante, du moins ce qui en ont les moyens, mais avec des cépages qui donnent un vin médiocre. 1910, le mildiou se jette sur le vignoble en train de se relever. Pendant ce temps, les vins du Languedoc de nouveau sur le marché viennent faire concurrence, et puis survient 1914. Les hommes partent pour la guerre la fleur au fusil. Beaucoup ne reviendront pas des tranchées ... De 43 000 hectares, il ne subsiste que 15 000 hectares en 1920. L'industrie du caoutchouc se développe à Clermont-Ferrand et les uns et les autres vont tourner le dos à la vigne pour les salaires plus avantageux des manufacturiers. Il faut véritablement attendre les années 70 pour que redémarre un vignoble orienté cette fois sur la qualité. Une poignée de vignerons y ont cru et ont essayé. Le VDQS (Vin Délimité de Qualité Supérieure) arrive en mars 1977. Le classement reconnaît sur 53 communes un Côte d'Auvergne générique, ainsi que 5 crus : Boudes (vers Issoire), Chanturgue, Châteaugay, Corent et Madargue (près de Riom). Aujourd'hui, on attend l'AOC (Appellation d'Origine Contrôlée), demandée en 1996, et qui serait sur le point d'aboutir. On l'attend pour 2004 ... En 1987, une fédération des caves particulières voit le jour et regroupe des viticulteurs désireux de valoriser leur production. Dernière grande date pour le vignoble auvergnat : 1991, lorsque le groupe Limagrain s'investit dans la cave des Côtes d'Auvergne qui prend alors le nom de Cave St-Verny. Cette coopérative, la seule dans le Puy-de-Dôme, compte 180 producteurs qui ont tous acceptés un cahier des charges rigoureux. Doté d'un équipement moderne, elle a une capacité de vinification de 9 000 hectolitres. Le vignoble auvergnat est maintenant reparti à la conquête du public. Une renaissance qui aura attendu le siècle... Ce vignoble jeune, près de la moitié des viticulteurs a moins de 40 ans, peut nourrir de grands espoirs. Pour 2 000 hectares plantés, on produit environ 37 000 hectolitres dont près de 18 000 hectolitres en VDQS et 2 000 hectolitres en vin de pays. Le reste alimente la consommation personnelle du vigneron et de ses proches.
Le vin rouge représente les 3/4 de la récolte, le rosé (17%) et le vin blanc
le solde. Le gamay est majoritaire dans les rouges et les rosés, avec toutefois
un peu de pinot réintroduit récemment. Le chardonnay s'est imposé comme le
cépage des blancs. La vigne génère dans le Puy-de-Dôme un chiffre d'affaires
de 2, 50 millions d'euros (16,5 millions de francs). Pas si mal, non ? |
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Allez voir les producteurs
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"Les vins d'Auvergne sur de la charcuterie, c'est royal. il n'y a pas meilleur ! Buvez-les jeunes, 3 ans au maximum, ce qui n'exclut pas de bonnes surprises au-delà ... " Didier Pialoux, amateur éclairé, Grand Chancelier de la vénérable confrérie des Compagnons du Bousset (qui a mission de défendre les vins et la gastronomie de notre terroir), parle avec enthousiasme des vins du Puy-de-Dôme. "Ce vignoble a rajeuni. Savez-vous que les 3/4 des producteurs ont moins de 50 ans ? Tous les nouveaux arrivés ont suivi des études spécialisées et sont diplômés. J'ajoute qu'ils aiment leur vin et l'on doit aimer le vin d'Auvergne et ceux qui le font. Il faut aller à leur rencontre, descendre dans leur cave. Ce sont des gens entiers, authentiques, chaleureux. Ils apportent le plus grand soin à fournir le meilleur vin possible. Chez eux, à deux pas de Clermont-Ferrand, c'est un tout autre univers ..." Les producteurs, il les connaît tous, dans leurs qualités et dans leurs travers : " Nul n'est parfait, et le vin, produit vivant, n'est pas une science exact. Mais les bons producteurs sont plus nombreux qu'on le croit ils ne font jamais de mauvais vin". La réputation peu flatteuse faite à ces vins, et leur cherté, lui hérissent le poil : " C'est maladif, on a toujours besoin de critiquer ce qui vient de chez soit. La vigne auvergnate a connu un passé difficile. C'est vrai que lorsque le phylloxéra a frappé dans le Midi, les vignerons auvergnats ont gagné beaucoup d'argent avec du mauvais vin, avant d'être frappé à leur tour ! Ces temps sont révolus ". Les années 70 ont, en effet, amorcé un renouveau. Les viticulteurs sont allés se former dans les grandes régions productrices et ont renouvelés les méthodes et le matériel. Ils ont aussi abandonné les futaies en bois de châtaigniers pour les cuves en inox ou en résine. Et les prix ? " Je dis qu'ils ne sont pas chers. On trouve des gamay à Châteaugay et à Boudes à 4 euros la bouteille. Comparez des Bordeaux à un prix similaire en grande surface : ils ne sont pas meilleurs ". Vous trouverez des Côtes d'Auvergne jusqu'à 6 euros, par exemple des cépages pinot élevés dans des barriques plus ou moins vieilles, rachetées à de grandes maisons ... Ce fameux pinot, l'ancien auvergnat, était notre cépage avant qu'il ne gèle massivement au début des années 1700, juste avant la mort de Louis XIV. On l'a ensuite remplacé par du lyonnais, ancêtre de l'actuel gamay ... |
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Goûtez avant d'acheter
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En Auvergne ou ailleurs, on devrait toujours goûter le vin avant de l'acheter, et n'acquérir que celui-ci. Récemment, "Le Petit Futé" a organisé, tôt le matin, une dégustation dans un restaurant clermontois " La Grotte à Vins". Le jury était constitué d'une quinzaine d'amateurs, de restaurateurs, cavistes et journalistes. Au programme, dégustation aveugle de 6 vins blancs, 14 vins rouges et de 3 méthodes champenoises ! Un bel échantillonnage représentatif de la production locale. Le "Futé" publiera les résultats, mais soulignons que l'un des blancs a dominé ses concurrents, dont l'un s'est vu juger en dessous de la moyenne. Parmi les rouges, l'affaire s'est un peu corsée. Deux ou trois ont remporté une majorité de suffrages, tandis que la plupart ont obtenu une note moyenne. Il faut aussi le signaler : 5 n'ont pas été notés car véritablement imbuvables... Les méthodes champenoises ont révélé chacune leurs spécificités, sans surprise, bonne ou mauvaise. Cette dégustation a montré la très grande diversité des vins du Puy-de-Dôme d'un producteur à l'autre, que ce soit à l'oeil, au nez et au palais. Pourtant, ils sont tous issus des mêmes cépages : gamay pour les rouges (avec parfois un peu de pinot noir) et chardonnay pour les blancs ... Des noms ? Voici les 5 meilleurs à la dégustation du " Petit Futé " : Pradier aux Martres-de-Veyre, Abonnat et Sauvat, à Boudes; Boulin, à St Bonnet près Riom et la cave St-Verny à Veyre-Monton. Comment prendre contact avec un producteur ? Demandez le dépliant édité par la Fédération viticole du Puy-de-Dôme, 8, rue Villiet, à Clermont-Ferrand (04.73.90.57.81), disponible également auprès des Offices de Tourisme. 42 producteurs sont répertoriés. Prenez rendez-vous ... Autre possibilité, chaque année, en février, le Salon Vinidôme offre une opportunité unique de comparer les différents crus et leurs producteurs. Voici une astuce pour savoir qui sont les meilleurs : sauf rare exceptions, en juin, ils ont déjà vendu leur récolte de l'automne précédent ... Nous avons également cherché sur Internet qui de la ville de Clermont-Ferrand, des Offices de tourisme, des Comités du Tourisme départemental, Régional, ou encore celui de l'Etat en Auvergne, chanterait le mieux les mérites des vignerons auvergnats et la gloire de leur production. Eh bien rien. Aucun de ces sites publics ne parlent des vins de nos pays ! Curieux, non ? A croire que dans ces instances là on ne doit que ce qui vient de Bordeaux ou de Champagne ... A moins que Saint-Verny, patron de ces nobles productions, ait mal guidé notre quête sur le Web ... |
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